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Un phare à la merci des vents : la Giraglia

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Faisant face au petit port de Barcaggio (Barcaghju), à la pointe du Cap Corse, on trouve un îlot d’à peine 800m de long pour une moyenne de 50m de large. Il s’agit de l’île de la Giraglia, abritant le phare du même nom. Ce dernier constitue le point le plus septentrional de l’Île de Beauté. Partons ensemble à sa découverte…

Un point stratégique

Dominant la pointe du Cap Corse, l’île de la Giraglia marque le passage obligé pour tous les navires qui passent de la mer Méditerranée à la mer Tyrrhénienne, autrement dit d’un rivage à l’autre de la Corse. Le caractère stratégique de cet îlot n’a pas échappé aux Génois, qui décidèrent dès 1551 d’y fonder une importante tour, dont la construction fut lancée en 1573 et achevée en 1585.

Cette île accueille aussi un des phares les plus puissants de la Méditerranée : le phare de la Giraglia, classé Monument Historique le 19 avril 2011. Mis en construction en 1839, l’édifice – construit juste à côté de l’ancienne tour génoise – fait partie des 5 phares (Îles Sanguinaires au sud-ouest, Pertusato et Chiappa au sud, Revellata à l’ouest et Giraglia au nord) de 1° ordre qui furent construits pour ceinturer l’Île de Beauté, sous la direction d’une commission créée l’année précédente. Il fut allumé pour la 1ère fois le 1er janvier 1948.

Avec sa tour cylindrique centrée sur un soubassement rectangulaire, lui-même surmonté de créneaux, le phare de la Giraglia a un faux air de château fort. Aujourd’hui, il est automatisé et télécommandé depuis Bastia, et il a été fermé aux visites.

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 Une île exposée aux vents

L’île de la Giraglia est surtout connue pour son exposition aux vents, qui en fait un endroit extrêmement difficile à atteindre. En effet, l’îlot est isolé du reste de la Corse par les tempêtes, et ce quasiment toute l’année.

C’est une des raisons – en plus du fait qu’il soit automatisé – qui font que le phare n’a désormais plus de gardiens, et ne peut être visité. De par son exposition aux vents, l’île a également été désertée par l’homme, mais elle le paradis d’une faune protégée par le Conservatoire du Littoral, et qui évolue sur cet énorme rocher de serpentine verte.

A l’extrémité sud de l’île, on trouve d’ailleurs une preuve du caractère dangereux de ces vents : la Madonnina. En 1930, une jeune fille d’Ersa – petite ville proche de Barcaggio – s’en alla visiter le phare en compagnie de son mari et de sa fille. Lors de la traversée de retour, la barque du pêcheur qui les accompagnait fut surprise par un brusque coup de vent. La jeune femme eut la peur de sa vie et, se recommandant à la Sainte Vierge, fit la promesse d’en faire ériger une statue s’ils en sortaient vivant. Elle honora sa promesse, laissant ainsi une marque de son vœu pieux sur l’île de la Giraglia.

Ce phare à l’accès difficile est néanmoins un des témoins essentiels de l’histoire corse. N’hésitez pas à aller le découvrir lors de votre prochaine visite du Cap Corse.

 

Photos : ThinkStock

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