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GR20 : rêve ou arnaque ? Nos conseils pour éviter la déception

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Accomplissement d’un rêve pour certains, enchaînement de mésaventures pour d’autres : arpenter les sentiers du GR20 requiert résistance physique et mental d’acier. Avec 200 km de parcours sur tout type de terrains, fatigue physique, lassitude et manque de confort peuvent avoir raison de votre volonté… Voici quelques conseils pour éviter les déceptions.

Le GR20 : le rêve commun des sportifs

C’est décidé, vous partez très prochainement à l’assaut du GR20. Le but ? Vivre une expérience unique au cœur de la montagne corse. Et comme tout randonneur qui se respecte, vous avez l’intention de :

Vous dépasser. Réputé pour être le circuit d’altitude le plus difficile d’Europe, le GR20 constitue une expérience inoubliable dans la vie d’un randonneur. Venus pour réaliser un défi personnel, ceux qui s’élancent sont prêts à surmonter toutes les difficultés pour s’étonner eux-mêmes. Aucune excuse pour s’arrêter : le parcours, jonché de balises rouges et blanches indique toujours la marche à suivre.

gr20-balises

Découvrir de nouvelles contrées. Que vous vous engagiez sur le sentier mythique pour le plaisir ou pour l’exploit, il vous en fera voir de tous les paysages. Evoluant en plein milieu du Parc Naturel Régional, vous découvrirez les plus beaux sites sauvages : Cirque de la solitude, Capu Tafunatu, Cascades des Anglais, Aiguilles de Bavella… Grandioses.

Faire de belles rencontres. Se confronter au GR20 n’est pas qu’une aventure personnelle où seul compte le dépassement de ses propres limites. Tout au long du sentier, et lors de vos haltes aux refuges, vous serez amené(e) à croiser et à tisser des liens avec d’autres marcheurs. C’est l’occasion d’échanger sur les joies que procure le circuit, les difficultés rencontrées etc… Le tout, dans une ambiance conviviale et décontractée.

Si pour l’instant le GR20 rime avec 15 étapes de pur bonheur, l’épreuve, chassant vos illusions, peut se révéler décevante une fois sur place.

La face cachée du GR20 : gare à l’arnaque ?

Vous vous voyez déjà rentrer de vacances et crâner auprès de vos collègues et amis : « Moi, j’ai fait le GR20 ! » Attention : avant de déclarer victoire, n’oubliez pas que 80 % des marcheurs qui s’engagent sur le sentier abandonnent avant la fin, et ce pour plusieurs raisons.

Un circuit ardu et une météo changeante. Loin d’être une promenade de santé, le GR20 présente de nombreuses parois difficiles d’accès. Certaines étapes comme la traversée du Cirque de la solitude relèvent plus de l’escalade que de la randonnée. Pour en venir à bout, il faudra vous servir d’échelles métalliques fixées dans la roche.

Avant de partir, ne sous-estimez pas les entraves du parcours. Les terrains rocheux peuvent s’avérer dangereux suivant la météo. En montagne corse, les averses sont fréquentes et les températures peuvent rapidement chuter, même en été. Enfin, si vous ne souhaitez pas que la randonnée prenne des allures d’alpinisme, rendez-vous sur le circuit à partir du mois de juin et jusqu’au mois d’octobre. En dehors de cette période, les dalles rocheuses, souvent couvertes de névés, ne peuvent être abordées que par des skieurs entraînés.

Fatigue physique et manque de préparation. Au cours de votre périple, vous n’échapperez pas à la lassitude physique : les jours passent, l’effort se répète et la fatigue s’accumule.

Evitez de partir sur un coup de tête. L’idéal est de préparer son corps en amont et de s’entraîner régulièrement à la marche. Débutants, préférez arpenter la moitié sud de l’île, moins fatigante que la partie nord. Pour ce qui est de l’équipement, prévoyez de bonnes chaussures et un sac à dos qui, une fois rempli, ne devra pas dépasser 15 kilos pour une femme et 17 kilos pour un homme. Enfin, dès que les signes de fatigue apparaissent, n’hésitez pas à vous hydrater et à vous alimenter pour reprendre de l’énergie. Prenez également le temps de profiter des points de vue. Ils vous permettront de relativiser 🙂

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Des refuges rustiques au confort sommaire. Après une journée sportive, vous n’avez qu’une seule envie : vous laver, manger et vous reposer ! Et vous n’êtes pas le/la seul(e). Les refuges manquant souvent de place d’hébergement, il faut parfois s’entasser les uns sur les autres dans des dortoirs ou passer la nuit dans une tente (pour les moins frileux). Pour le reste, il faudra s’habituer à prendre des  douches froides et à faire la queue pour les toilettes.

Si vous faites le GR20, ce n’est certainement pas pour goûter au luxe. Alors ne soyez pas trop exigeant(e) et dites-vous que ça fait partie du jeu.  En cas de baisse de moral, une bonne bière Pietra vous consolera.

Peu de distributeurs automatiques. Difficile de retirer de l’argent lorsqu’on se trouve en pleine nature… Sans espèces, vous voilà condamné(e) à dévorer des yeux les produits locaux vendus en refuge. Des yeux, seulement.

Pensez à prendre votre chéquier et un minimum d’argent liquide. Vous aurez ainsi la possibilité de reprendre des forces grâce au repas préparé par les hôtes du refuge.

Des prix parfois élevés par rapport aux prestations proposées. Arrivé(e) au refuge, vous pouvez être surpris(e) de constater que le ravitaillement est plus cher que ce que vous pensiez.

Avant de râler, sachez que les propriétaires de certains refuges situés en montagne éprouvent beaucoup de difficultés à s’approvisionner. Ils doivent faire appel à des hélicoptères dont le tarif est élevé, ce qui peut expliquer la marge exercée sur les produits proposés.

refuge Paliri

Pour finir, n’oubliez pas que randonnée en montagne rime avec respect et savoir-vivre. Prenez soin de la nature et les Corses vous en seront forcément reconnaissants.

 

Alors, prêt(e) pour l’aventure ?

Photos : Thinkstock et Jean-Baptiste Bellet pour le Refuge Paliri

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