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Le bandit corse : entre mythe et réalité !

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Le bandit corse : ce fugitif mystérieux. Souvent présenté comme un bandit d’honneur par les grands auteurs, on a tendance à imaginer un Antonio Banderas insulaire chevauchant dans le maquis corse… Oui, mais entre la réalité et la fiction, il y a souvent un fossé :). Récit :

Quand les Grands parlent d’un bandit corse…

Les grands noms de la littérature française se sont essayés aux histoires de bandits corses. On peut citer Flaubert, Stendhal, Daudet, Alexandre Dumas ou Maupassant : « Ce ne sont point, d’ailleurs, des malfaiteurs, car jamais ils ne voleraient les voyageurs. Un fait de cette nature les exposerait peut-être même à être jugés, condamnés à mort et exécutés par leurs semblables, gens d’honneur s’il en fut. C’est en effet un sentiment exagéré de l’honneur qui a poussé presque toujours ces pauvres diables dans la montagne. » (Bandits Corses)

Ces récits élèvent bien souvent le bandit corse au rang de bandit d’honneur, pour ajouter du mystère et de l’aventure… Et pourtant, ce n’est pas toujours le cas !

Direction le maquis, pour le bandit !

Le bandit corse fait partie de l’histoire de l’île de beauté. Il s’agissait bien souvent d’hommes qui prenaient le maquis pour se faire oublier… des gendarmes ou d’un clan. La vendetta était en effet très répandue. Œil pour œil, dent pour dent : un mort dans une famille devait être vengé par du sang coulé dans la famille rivale. Avec une telle coutume, vous imaginez bien qu’il y avait du monde dans le maquis !

Refuge de bandis : le maquis

Dans le maquis corse, la vie n’était pas des plus faciles. Si maintenant, on y va pour profiter d’une randonnée et du parfum des fleurs… là, il n’était pas question de prendre du bon temps. La vie y était rude. Certains y réussissaient grâce à l’aide de leur famille, et en connaissant parfaitement le terrain, mais beaucoup ne résistaient pas à cette vie de fugitif.

Un bandit, une légende !

Caettano Rognoni, Antoine et Jacques Bonelli, Ambroise Sanguinetti, François Caviglioli, Nonce Romanetti, Joseph Bartoli, André Spada, Mathieu Poli… des bandits bien connus. Mais le bandit corse le plus célèbre reste tout de même Théodore Poli. Il est à l’origine de la « République des bandits », une communauté de bandits qui vivait dans la forêt d’Aitone. Elle fixait également un impôt aux curés de la région, basé sur la richesse supposée de leur église. Gare aux mauvais payeurs :).

Autre légende : celle de Spada, « le bandit de Dieu ». Il faut reconnaître qu’il avait quelques petits problèmes psychologiques : ce meurtrier multirécidiviste ne quittait jamais son crucifix et se déguisait en curé ou en femme pour commettre ses forfaits. Étrange. Il fut le dernier bandit corse capturé par les gendarmes… en 1933.

Le bandit corse aujourd’hui

Depuis 1935, il n’y a plus de bandit dans le maquis ! Ouf. Mais il reste des traces de leur passage.

Il y avait le saint patron des bandits : « Saint-Pancrace ». On dit qu’il annonçait aux vivants leur mort prochaine. Sympa ! Saint-Pancrace a même fait l’objet d’un pèlerinage, dans l’église de « San Pancraziu » située au pied de Castelare-di-Casinca. Il est encore célébré le 12 mai en même temps que la grande foire aux chevaux.

Vous pourrez aussi visiter la « Maison du Bandit » sur la commune de Feliceto (à 20km de l’Ile-Rousse). C’est une grotte qui a été creusée par l’ancien maire du village, pour surveiller ses administrés… version officielle. Mais surtout pour accueillir les bandits en fuite !

Source image : maquis corse

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