Pascal Paoli. En Corse, impossible d’échapper à ce nom. Il est porté par de nombreuses places des villes et villages. Pourquoi ? Parce que Pascal Paoli est considéré comme le père du patriotisme Corse. Il a vécu au 18ème siècle et pourtant son aura n’a pas faibli avec le temps. Précurseur de la démocratie sur l’île, il a marqué toute l’Europe des Lumières par ses idées éclairées. Tout ça en moins de 10 ans de gouvernance. Forcément ça laisse des traces…
Pascal Paoli, un patriote Corse
1725. Dans le village de Morosaglia, près de Moltifao en Haute-Corse, Pascal Paoli voit le jour. Son père : l’illustre Hyacinthe Paoli – l’un des trois grands meneurs de la révolution contre Gênes- l’emmène dans son exil à Naples en 1739. Là-bas, Pascal Paoli découvre les philosophes des Lumières et leurs essais politiques. Loin des yeux ne veut pas forcément dire loin du cœur… Adulte et officier dans les armées napolitaines, il réfléchit à un projet politique révolutionnaire pour son île de beauté.
En 1755, Pascal Paoli est proclamé général en chef de la nation et général du « Royaume de Corse ». Seulement voilà : tous ses compatriotes ne le reconnaissent pas comme chef. S’en suivent alors 2 longues années de guerre civile dans laquelle les luttes intestines et les vendettas se multiplient.
L’œuvre de Pascal Paoli
Malgré ce contexte, il met en place une Constitution moderne établissant la souveraineté du peuple et une séparation des pouvoirs. Au même moment, il repense toute l’administration et le système de justice. Aux yeux de philosophes comme Rousseau ou Voltaire, la Corse apparaît alors comme le premier état démocratique d’Europe. La classe !
Mais Pascal Paoli ne s’arrête pas là. Il fonde l’université de Corte, ordonne la construction du port de commerce de l’Ile Rousse, introduit en Corse la pomme de terre et d’autres espèces nouvelles et assainit les terres marécageuses. Très productif. C’est à lui aussi que l’on doit la tristement célèbre « Giustizia paolina » destinée à éradiquer la vendetta. Quiconque est condamné de meurtre est exécuté dans les 24 heures et voit sa maison rasée.
Mais le plus gros de son travail n’aboutira jamais : après 10 ans de gouvernance, il ne parvient ni à créer une marine marchande ni à constituer une armée capable de bouter les Génois hors de Corse.





